Le départ.

Il fallait un bateau pour terminer l’aventure, un bateau de bois et de matières trouvées. Il fallait ce bateau aux formes différentes, un bateau dessiné à la main et inspiré de tous les autres. Un bateau qui en contient mille autres en somme.

 

Il fallait le bois que l’on trouve sur les plages, le bois donné prêté ou récupéré, le bois travaillé à même l’atelier, bois fabriqué et devenu, le bois hérité d’un grand-père architecte, magicien de la forme, transformeur de bois.

 

Il fallait le départ comme un souvenir vague, l’horizon embrassant le bateau à son arrivée, un départ vers on ne sait où, on ne sait comment, un départ émotif comme ils le sont toujours ici.

CDP_ChrisBoyne

Pour ouvrir vers l’histoire, celle que l’on raconte aux enfants le soir. Cette histoire d’un bateau accosté ici par un soir de juin, d’un autre bateau, tout petit celui-là, parti en recherche du monde. Ce bateau là trouvé, légué, redonné.

 

Comme une offrande à la mer et à ceux qui l’entourent.

 

Christopher Boyne a voulu construire, au cours de sa résidence pour Le chant des pistes, un bateau-maquette d’environ six pieds qui représenterait les bateaux madelinots, et sa rencontre avec les Îles. Lors de l’événement de clôture du Chant des pistes, le 25 juin, il mettra à l’eau son embarcation, clôturant ainsi l’événement tout en l’ouvrant vers une foule de suites possibles, puisque l’issue de ce voyage restera indéfinie.

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Suivre les pistes.

Où vont tous ces pas qui s’égarent, soufflés par le vent?
Où mènent-ils, ces pas que l’on fait sans les voir, sans y penser?
Ont-ils un lieu, un point focal, une destinée ou une voix?
Qu’est-ce qui est important?

Est-ce le pas de celui qui marche, la fragilité de sa posture, l’infini travail musculaire d’équilibre et de déséquilibre qui ordonne le mouvement?

 

Tous ces gens qui parlent, racontent en marchant, respirent sans le savoir dans les pas des autres. Tous ces gens qui traversent le même espace sans jamais se croiser. Comment les réunir? Comment les faire se croiser sans les faire se croiser? Comment cartographier ces rencontres sans briser le quotidien, l’essence même de l’inconnu?

Au cœur de tout ça, on se rencontre.
Peut-être pas sur le papier.
Peut-être pas ailleurs.
Peut-être au milieu même des pas.

CDP_MarieLineSara

 

Marie-Line Leblanc et Sara Dignard ont trouvé dans Le chant des pistes des terrains communs où amalgamer leurs pratiques. Artistes de l’espace et de la poésie, elles investissent l’est des Îles à la recherche de ces marches quotidiennes, qu’on fait sans y penser, espérant trouver des points de jonction entre les gens qu’ils auront rencontré. Une présentation de leur travail aura lieu le 25 juin, à la Maison des jeunes de Grande-Entrée.