Comme une maison.

CDP_AdrianaRyan

Je ne vois pas devant et pourtant il y a un horizon.
Découpé, tissé, recoupé.
Un horizon en courtepointe, pour que les histoires avancent, et moi avec elles.

Un mouvement infini d’ascension d’une côte, de voyagements, de portée de la voix. Une histoire qui se colle à une autre, puis à une autre, puis encore à une autre.

Une histoire sans fin parce que chaque histoire nous amène ailleurs, que chaque histoire est un point de départ.

Et que chaque espace qui les porte est un abri, un rayon de lumière dans la tornade.

 

Adriana Kuiper et Ryan Suter récoltent les histoires d’errance et de nature dans leur abri situé présentement à la microbrasserie À l’abri de la tempête. Ils entendent les diffuser par leur propre mécanisme, un chariot de radios qu’ils porteront à vélo sur la route qui longe la mer des Îles. Une séance d’écoute collective aura également lieu le 23 juin prochain, à la microbrasserie.

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Chercheur de trésors.

Près de la mer un jeune homme, béret gris sur la tête, s’avance en traînant les pieds, faisant chanter le sable alors qu’il avance.

Il a sur les oreilles d’étranges écouteurs, et entre les mains un petit appareil qui lui sert à enregistrer. De loin, on dirait un enquêteur, un archéologue en quête de trésors.

En fait, il cherche bel et bien un trésor.

CDP_SamuelThulin

Je le vois, tendant ses oreilles comme des filets à papillons, des filets à sons qu’il enregistre, conserve, met dans sa boîte. Pour quoi faire? que je me demande. Pour quoi faire, tous ces sons épars, attrapés au vol, parfois sans distinction?

 

 

 

 

 

 

 

C’est tout simple. Pour faire ce que les sons font toujours, lorsqu’on réussit à les coller ensemble.
De la musique.

 

 

 

La musique qui naît de l’assemblage des sons.
Comme si le son, à travers le jeune homme, devenait musique.

Presque sans qu’il y touche.

Et avec tout ça, créer une route.
Un parcours où la musique existe, juste parce qu’on existe nous aussi dedans.

 

 

CDP-WEB-160405-icones-ST-roseSamuel Thulin crée des « chemins sonores » à partir des bruits qu’il capte et enregistre. Mixant le son après l’enregistrement, il utilise le looping, joue avec les niveaux, la rapidité et la tonalité des sons pour créer des mélodies ou des environnements sonores inclusifs, qui intègrent également le rythme de l’environnement où il se situe. Il souhaite créer, pour Le chant des pistes, une conversation avec les lieux qui nous sont chers, une sorte d’île, de trajet musical à suivre.