004 | Katia Grenier (Îles-de-la-Madeleine, QC) | Le Buttereau du nègre

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Il y a environ cent ans, le cadavre d’un homme noir a été trouvé sur la plage à Pointe-aux-Loups. Les Madelinots, ne sachant pas si l’homme était baptisé ou non, décidèrent de l’enterrer dans la dune. Mais, régulièrement, le corps se déterrait et, lorsqu’un Madelinot passait dans le coin, il lui arrivait toujours quelque chose d’étrange, comme une roue de charrette qui se détachait subitement, ou des bruits et des lueurs inexplicables dans la nuit… En 2013, Katia Grenier s’est attachée à cette légende pour dessiner et créer une carte d’un bout du territoire madelinot. Pour ce projet, elle s’est inspirée de la cartographie chantée et peinte des aborigènes d’Australie afin de développer à son tour une représentation du territoire potentiellement plus évocatrice et personnelle.

Le Buttereau du nègre 

À l’occasion du Chant des pistes, l’artiste renouera avec la légende du Buttereau du nègre. Elle cherchera à voir autrement le paysage et, par un travail du textile et d’interventions art-nature, tracera les chemins imaginaires de son expérience de ce territoire, près de Pointe-aux-Loups. Elle s’inspirera notamment de l’aspect de la légende « enterré/déterré » afin de récolter une série de gestes, d’objets et d’images qui serviront à la création d’une carte renouvelée. En lieu et place d’une carte topographique, elle façonnera une carte-costume, qui se porte sur le corps et qui permet au marcheur de se repérer en fouillant dans ses poches. En s’y rapportant, il s’agira pour l’artiste comme pour le visiteur de trouver et de rencontrer l’âme sauvage des Îles-de-la-Madeleine (qui est-elle, où se cache-t-elle ?). Katia Grenier élaborera également une expérience à vivre de nuit sur le Buttereau du nègre.

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Katia Grenier est une artiste en arts visuels vivant depuis dix ans aux Îles-de-la-Madeleine. Sa démarche artistique amorcée en 1997, à la suite d’un baccalauréat interdisciplinaire en arts de l’Université du Québec à Chicoutimi, est liée aux formes installatives et aux pratiques de la sculpture, des arts textiles et de l’art nature. Également commissaire indépendante, Katia Grenier a organisé des événements de diffusion et dirigé la publication Beausir les mots en 2011 pour le centre d’artistes AdMare. Elle revient d’une résidence d’artiste à Texel aux Pays-Bas, où, jumelée à l’auteur Aart van den Brink, elle a exploré le concept de littérature textile.

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